Les différentes possibilités de franchir la rivière
Etat des lieux en Semois-Semoy
Propositions de nouvelles passerelles
Conclusion
 

L’étude des passerelles sur la Semois-Semoy est une action du volet Tourisme du contrat de rivière transfrontalier Semois-Semoy soutenue par le Feder et la Région Wallonne.

 
Contexte historique
 

De tout temps les habitants du bassin de la Semois ont dû trouver différents systèmes pour pouvoir traverser la rivière. Bien entendu, les besoins de passage sur la rivière étaient d’ordre beaucoup plus pragmatique que la seule vocation touristique. En effet, les riverains de la Semois devaient franchir la rivière afin de rejoindre d’autres villages ou pour accéder à leurs terres de culture ou encore pour se rendre au bois. Voilà pourquoi depuis des temps immémoriaux, l’homme a aménagé des sites de franchissement sur la rivière. Que ce soit par la construction de passerelles, de ponts de claies, de ponts ou encore simplement en traversant la rivière via des passages à gué ou en barque.

Ces passages faisaient gagner beaucoup de temps à ceux qui les empruntaient et donc, ils étaient un outil de l’économie locale, parfois même un enjeu stratégique lors des guerres.

Les passerelles, autrefois plus nombreuses, ont été remplacées peu à peu par des ponts plus solides et permanents pour permettre le passage de plus gros convois. Celles qui subsistent de nos jours sont empruntées, la plupart du temps, par des promeneurs et des touristes. Certaines sont interdites à tous les engins motorisés.

Les ponts sur la rivière permettent une circulation homogène depuis les convois motorisés jusqu’au piéton solitaire. Toutefois, en certains endroits de la rivière (notamment sur la basse Semois, là où elle est la plus large), des passerelles seraient les bienvenues pour désenclaver certaines entités « ceinturées » par la Semois dans leur développement du tourisme de randonnée.
 
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Les différentes possibilités de franchir la rivière
 

Passage à gué  :

Autrefois la traversée se faisait principalement par passage à gué. Un passage à gué est simplement un endroit de la rivière où le niveau de l’eau est assez bas pour qu’on puisse traverser à pied ou, le plus souvent, à cheval.

Ce type de passage dépend fortement de la topographie du lieu et de la taille de la rivière. Il est, par définition, accessible à une partie seulement des touristes de randonnée.

Jadis, ces passages à gué étaient nombreux et très importants à tel point que sous le règne de Louis XIV une ligne de défense était implantée le long de la Semois (d’Arlon jusqu'à Monthermé) afin de surveiller et protéger ces passages stratégiques de la Semois. Cette protection des gués se faisait essentiellement par des redoutes mais aussi par des fortifications.

Aujourd’hui, subsistent quelques-uns de ces passages mais ils ne sont plus aussi fréquemment utilisés suite à la construction des ponts en dur. La plupart sont empruntés pour le débardage du bois afin d’éviter de faire parfois de grands détours pour acheminer le bois jusqu’à la route. D’autres sont empruntés principalement pour les randonnées équestres.

Leur praticabilité est soumise à la fréquence de leur passage qui représente leur principal entretien. En théorie ils ne peuvent être utilisés uniquement par dérogation de la Division Nature et Forêt de la commune concernées.

On retrouve les passages à gué essentiellement en moyenne et basse Semois. Sur certaines communes de haute Semois, la rivière, moins large, pose moins de problème de franchissement. De plus, à certains endroits elle a été curée ou bien les berges sont empierrées ce qui fait qu’on retrouve très peu ou pas de passages à gué.

Pont de claies  :

Autrefois, pratiquement chaque village qui se trouvait à proximité de la Semois possédait son propre pont de claies afin d'éviter de faire un détour pour accéder à la rive opposée. Grâce à cela, les villageois pouvaient se rendre facilement sur les champs de tabac, les terres de culture, la forêt, au moulin, etc…

C’est un ouvrage saisonnier ce qui explique en grande partie sa quasi disparition de nos jours.

Aujourd'hui subsiste un dernier pont de claies à Laforêt. Ce pont à vocation touristique est installé pour les vacances d'été et est entretenu par la commune et M. Verday du syndicat d'initiative de Vresse.

Ancienne passerelle de Hour

Ancien pont de claies à Bouillon

(La gravure ci-dessous a peut-être été soumise à l’interprétation artistique de son auteur.)

Les barques :

Un autre moyen de franchir la Semois avant la construction des ponts en dur était la traversée en barque (le plus souvent du type à fond plat). Ces barques étaient dirigées par un passeur qui guidait l’embarcation à l’aide d’un « néviron », longue perche ferrée qui servait d’aviron. Ce système était gratuit et instauré par l’administration communale. On le retrouvait principalement en moyenne et basse Semois. Pratiquement chaque village avait son passeur attitré et rémunéré par l’administration communale.

Aujourd’hui, des balades en barques à fond plat sont proposées à Chiny pour le plus grand plaisir des touristes. Cette « attraction » qui autrefois avait toute sa raison pratique d’exister, est à mettre en relation avec le pont de claies de Laforêt, cité dans tous les ouvrages touristiques ou autres comme une chose à voir. Et cela marche…

Les passerelles :

Les passerelles sont des ouvrages durables, elles ne sont en général plus démontées chaque année comme l’étaient les anciennes passerelles (pont de claies,…). Souvent, une passerelle définitive succède à un pont de claies saisonnier.

La plupart des passerelles que nous connaissons aujourd’hui datent d’après la seconde guerre. En effet, beaucoup d’entre elles ont été détruites lors de la seconde guerre. La majorité ont été reconstruites sous une forme temporaire et très peu conventionnelle durant le reste des hostilités (certaines constructions seront emportées par les glaces). Mais à la fin de la guerre, les communes demandent la reconstruction définitive de leur passerelle.
 
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Etat des lieux en Semois-Semoy
 

La passerelle de Jamoigne

En 1928

En 2005

La passerelle de Jamoigne constitue un passage stratégique vers Les Bulles. C’est d’ailleurs sa raison d’être là où elle se trouve.

La date d’origine de la passerelle (sous une autre forme) est antérieure à 1857 (date de construction de l’église de Les Bulles). En effet, cette passerelle servait notamment aux habitants de Les Bulles (qui n’avaient alors pas d’église sur leur territoire) pour rejoindre l’église de Jamoigne et assister aux offices. Ils rentraient par une petite porte arrière construite à cet effet et aujourd’hui disparue.

La construction de l’église de Jamoigne est-elle contemporaine à la passerelle? Cela semble correspondre, pour des raisons pratiques mais c’est difficilement datable. Cette église est antérieure au 13 ième siècle, elle est une des plus vieilles possessions de l’abbaye d’Orval.

Une passerelle a dû être érigée pour quitter la fortification sur le haut de la Semois et l’église semble avoir été construite sur une tour. Et cela bien avant de servir les paroissiens de Les Bulles.

Cette passerelle est très utilisée par les randonneurs et amateurs de patrimoine intéressés par l’église de Jamoigne (classée). Elle est reprise sur plusieurs parcours de promenade. C’est la seule passerelle accessible à certains petits véhicules de type automobile.

 

Passerelle de Chiny (arrière de l’actuel Hôtel des Comtes de Chiny)

Sans date

Passerelle actuelle de Chiny à l’embarcadère

La passerelle de Chiny dite de l’embarcadère est la quatrième version que nous connaissons. La première version dont nous gardons des traces est une passerelle en bois datant de la fin du 19ième siècle.

La seconde version connue est une passerelle construite en béton et appartenant à la commune. Elle date de 1930 et a été détruite durant la seconde guerre. Suivront des versions plus temporaire – avec peut-être un retour durant la guerre à une structure en bois – pour arriver en 1992 où une troisième version de la passerelle est emportée par les crues.

La quatrième version suit directement et est en métal. Elle est fortement endommagée par les crues de 1993 et est reconstruite en partie et consolidée en 2002.

 

Passerelle des forges Roussel

Actuellement

La passerelle des forges Roussel est un cas original dans notre inventaire. Il s’agit de la seule passerelle privée construite sur terrain privé (Baron de Mevius). Les matériaux employés sont souvent des matériaux de récupération tels que des câbles d’anciens ascenseurs.

A l’origine il s’agissait de deux câbles reliés par une traverse en bois, désormais la passerelle est suspendue par 4 câbles d’acier auxquels sont attachés des treillis ainsi qu’un revêtement métallique servant de passage. Dernièrement on a ajouté un filet de chaque côté pour assurer une certaine sécurité.

 
La passerelle du Breux

Hiver 1928

Actuellement (hors périodes des grandes vacances)

Environ deux mois par an …

Lors de la foire aux artistes de Chassepierre (mi-août), depuis deux années, la protection civile de Neufchâteau apporte et monte une passerelle temporaire pour désengorger le village de Chassepierre investi, le temps d’un week-end, par des milliers de visiteurs.

La passerelle arrive en kit pré-monté. Elle est montée sur place et reste là jusqu’en septembre.

Cette opération coûte environs 6.000 euro en matériel de montage et de transport. Il faut ajouter à cette somme le travail de trois personnes durant deux journées pour obtenir le coût total de la mise en place annuelle.

Passerelle temporaire (2 mois par an)

Il existe un projet de passerelle définitive au Breux. Voyant le succès et l’utilité de la passerelle temporaire les responsables de la foire aux artistes ainsi que quelques représentants locaux ont lancé le projet de faire construire au même endroit (à partir des anciens piliers) une passerelle définitive et totalement adaptée à l’usage des piétons (sécurité, matériaux,…)

Projet de passerelle permanente

 

Passerelle de Cugnon

Actuellement

La passerelle de Cugnon est une passerelle en épicéa gérée par la commune. Elle est installée à côté du camping de juin à octobre en fonction du niveau d’eau de la rivière. Sa mise en place et sa maintenance sont effectuées par quatre membres du personnel communal. Il faut surveiller régulièrement ce type d’ouvrage.

L’ouvrage est en deux parties (une petite partie jusqu’à une île et une plus grande qui enjambe la rivière proprement dite). La passerelle est très fréquentée par des touristes (promenade sur la rive opposée au camping St-Remacle) et par des pêcheurs.

 

Passerelle de Frahan

En 1909

Actuellement

La passerelle est en place depuis très longtemps (1926?). Elle remplace un pont de claies dont les traces photographiques remontent à 1909. Cependant un passage doit avoir existé vers cet endroit depuis plus longtemps vu le raccourci stratégique qu’il permet de faire. La passerelle proprement dite s’effondre en 1941 (faits de guerre?). Directement des plans de reconstruction sont dressés.

Les travaux sont adjugés aux Entreprises Thonnet De Graeve pour 45.000 Bef Les travaux de reconstruction sont terminés en 1943 et repris en 1944 (finitions).

La passerelle de Frahan est certainement la plus connue de nos passerelles (après le pont de claies de Laforêt). Elle est aussi une des plus usitées par les touristes et les marcheurs! On la retrouve sur une quantité de circuits de promenade et elle permet une très belle jonction entre Rochehaut et Frahan (un raccourci d’une dizaine de kilomètres). Cela vaut la peine pour les marcheurs et du point de vue du raccourci et du point de vue de la ballade, car, tout comme à Jamoigne, une extrémité de la passerelle vient se jeter sur un dénivelé impressionnant côté berge sise au pied du point de vue de Rochehaut.

 

La passerelle de Mouzaive

Même point de vue sur la Semois avec actuellement une passerelle et jadis pas.

Il s’agit probablement d’une photographie datant de la seconde guerre. Période durant laquelle Mouzaive a été temporairement privé de sa passerelle.

Actuellement

La passerelle de Mouzaive que nous connaissons date de l’après seconde guerre mais l’endroit de passage avec d’autres versions de passerelle est très ancien. L’avant-dernière version a été démolie durant la seconde guerre (tactique américaine). Une autre passerelle fut reconstruite à la hâte mais elle était dangereuse car très peu solide et sécurisée. Il n’y avait notamment pas de brise-glaces. Dès la fin de la guerre (en mai 1945!) l’ancienne commune de Mouzaive demande la reconstruction de la passerelle tant ce passage reste stratégique dans la vallée.

La construction que l’on connaît date donc de 1947. Elle a été effectuée par les entreprises Hubert de Alle-sur-Semois pour le prix de 171.849 francs belges (1947). En ce qui concerne son entretien, elle est co-gérée par la commune et le MET (tout comme la passerelle de Frahan). Les ouvriers communaux peignent la passerelle et le MET paye la peinture ou vis et versa selon le cas.

Son intérêt actuel subsiste pour de nombreuses promenades notamment la transemoisienne.

 

Pont de claies de Lafôret

Actuellement

Avant la construction des ponts sur la Semois, les riverains de la rivière construisaient des ponts de claies (Fin 19 ième, début du 20ème siècle) pour franchir à pied sec le cours d'eau. Ces passerelles étaient conçues par des artisans locaux.

Un pont de claies est une construction légère sur pilotis de type passerelle piétonne qui était essentiellement constituée de bois régionaux.

Lorsque le niveau d'eau de la Semois le permettait, ces passerelles étaient installées.

Le plus souvent ces ouvrages étaient assemblés aux environs du mois de juin pour être ensuite démontés fin août ceci afin d'éviter leur destruction lors des crues.

Autrefois, pratiquement chaque village qui se trouvait à proximité de la Semois possédait son propre pont de claies afin d'éviter de faire un détour pour accéder à la rive opposée. Grâce à cela les villageois pouvaient se rendre facilement sur les champs de tabacs, les terres de culture, la forêt, au moulin, etc…

Les claies :

Il faut 6 mois pour un seul homme pour constituer les différentes claies du pont.
Il faut out d’abord récolter de jeunes pousses de chêne en forêt pour pouvoir ensuite les entremêler sur les "Paumelles" (voir photos) et ainsi créer les claies.


Solidariser les claies entre elles et les fixer sur des pilotis (en chêne) eux-mêmes enfoncés légèrement dans le lit de la rivière. Cette étape s’effectue par une équipe de six personnes pour environ huit heures de travail.
Deux câbles en acier sont reliés à la fois au pont et à la berge de part et d'autre de la Semois pour éviter que le pont ne se fasse emporter par le courant.


L'entretien de cette construction est quotidien et consiste à vérifier l'état des claies et éventuellement les remplacer mais aussi à dégager les pilotis des algues et autres végétaux.

Matériaux utilisés: épicéa, chêne, noisetier - Câbles en acier, fils de fer. Ce pont est le dernier qui subsiste dans la vallée (peut-être plus pour longtemps car il y a un projet du côté français) Il a une longueur de 70 mètres pour arriver sur un îlot et dans le prolongement un second pont de 10 mètre permet de traverser l'entièreté de la rivière.

Stockage de la structure du pont de claies

Le pont de claies de Laforêt est devenu une attraction touristique en soi (que l’on peut mettre en parallèle avec les séchoirs à tabac). Tous les guides touristiques de la région y font référence.

 

Passerelle de Naux

Actuellement

La construction de cette passerelle date de 1900 (en même temps que la voie ferrée et par le SNCF). Il s’agit d’une passerelle piétonnière permettant au voyageur de monter dans le train. Son utilité est donc liée au service voyaguer uniquement.

C’est la seule passerelle ayant échappée aux bombardements de 1940. Elle fut donc TRES utile durant la guerre. Actuellement, elle sert aux marcheurs et touristes. Pour rejoindre le Moulin de la Gire et faire les promenades sur l’ancienne voie de chemin de fer.

 
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Propositions de nouvelles passerelles
 

Le gué du Loquet

L’intérêt touristique domine dans ce projet à savoir relier Corbion et Poupehan au Tombeau du Géant. L’impact de ce développement de chemin pédestre peut aller jusqu’à Rochehaut ! Les possibilités de randonnées (nombreuses) seraient multipliées par deux. Les S.I. sont demandeurs surtout du côté de Corbion.

Il existe un chemin d’accès de chaque côté de la rivière. C’est un lieu où la rivière fait 50 mètres de largeur. La passerelle ne serait visible d’aucun point de vue et donc n’altérait aucunement le paysage.

Le projet peut être peu coûteux si on se base sur le plan envisagé par M. Denis (pont de singe avec deux câbles scellés à un rocher naturel d’un côté et un rocher artificiel de l’autre). Jusqu’ici ce projet est fort semblable à la passerelle aménagée par la famille de Mevius aux forges Roussel. Ici, on ajouterait des brise-glaces et des rampes d’accès.

Exemple :

 

Projection :

 

Proposition du Moulin de l’Epine

Le moulin de l’Epine est en lieu bien connu du randonneur. Ce passage à gué est encore fort usité et son histoire montre à quel point le lieu était et reste un endroit de passage stratégique.

Une passerelle à cet endroit permettrait des jonctions de promenades très intéressantes (GRAE,…). Cela participerait également au désenclavement de Corbion.

 

Les passerelles piétonnières entre Herbeumont et Bohan

En 1982 était née l’idée de récupérer des fermettes provenant de barrages de la Meuse pour servir de support à des passerelles sur la Semois navigable. On pensait tout d’abord à la consolidation du pont de claie de Laforêt. L’idée fut combattue par la Commission des Monuments et Sites, les associations de pêcheurs et les défenseurs du patrimoine.

A cette première idée est venue se greffer une autre, plus large. A savoir la mise en place de six passerelles entre Vresse et Herbeumont. En 1987, l’Urbanisme a octroyé un permis de bâtir assorti de conditions pour 4 passerelles. Ces conditions ne convenant pas aux Voies hydrauliques, elles ont réintroduit un dossier allégé de 3 passerelles à construire à Bouillon, Herbeumont et Bertirx.

Le dossier des trois passerelles a reçu un avis négatif de la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles. Il est peu à peu tombé dans l’oubli. On notera à propos de ce projet avorté que les parties locales étaient beaucoup plus motivées pour le projet que les instances régionales (et nationales). Les S.I. de l’époque voyaient très bien l’intérêt touristique de l’implantation de nouvelles passerelles à des endroits stratégiques pour les randonneurs.

Il a été question de plusieurs endroits différents pour ces passerelles. On a pensé à Bohan, Laviot, à Cugnon (à la place de l’actuelle passerelle temporaire du camping) au pré Chevalier à Herbeumont et bien entendu à Botassart non loin du Tombeau du Géant en amont de la Grande Prairie.

 
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Conclusion
 

Historiquement, nos passerelles sur la Semois étaient quasiment toutes temporaires car trop dépendantes du climat et des crues de notre rivière.

Ces petites constructions saisonnières étaient pourtant d’une grande aide pour nos ancêtres. Elles se présentaient presque toutes sur le même schéma, à savoir celui encore utilisé de nos jours pour la passerelle temporaire de Cugnon. Parfois le platelage était fait de claies (comme à Laforêt encore maintenant) mais en tout cas, la structure et le plancher était conçu avec des matériaux régionaux (résineux et chênes pour les claies).

En ce qui concerne les projets de passerelles à d’autres endroits, leur point commun est le désir de désenclavement des acteurs touristiques locaux. La perspective de doubler le kilométrage de promenade dans le bassin de la Semois.

L’endroit stratégique le plus souvent évoqué se situe entre Bouillon et Poupehan avec l’objectif de désenclaver Corbion. Les objectifs sont beaucoup mieux cernés que les moyens (quel type de passerelle, quel financement,…)

En dehors de la passerelle du Breux (qui démontre que tout reste possible), il n’existe aucun projet concrètement à l’étude pour le moment. La commune de Bertrix, de son côté, serait désireuse de transformer la passerelle de Cugnon en un passage plus sécurisé mais aucune démarche officielle n’a été entreprise dans ce sens actuellement.

Quant au pont de claies, autrefois montré du doigt pour sa fragilité, il est désormais porté aux nues pour son attrait touristique (pensons aussi ici aux passeurs de Chiny qui rencontrent un vif succès en été). Cela risque de donner des idées. Il est question de construire un peu de claies à Nohan-sur-Semoy.

Les idées et les projet d’aujourd’hui veulent tous emprunter le plus possible, un matériau local et naturel : le bois. Les constructions d’œuvre d’art impressionnantes en béton et métal sont moins à l’ordre du jour.

De nouvelles passerelles sur la Semois ne sont plus envisagées comme des « ponts miniatures » pour piétons (comme à Mouzaive) mais bien comme de petites constructions qui s’insèrent au mieux dans le paysage et l’histoire locale. Ainsi elles pourraient être outils du tourisme et attraction touristique à la fois. De quoi amener auprès d’elles beaucoup plus que des randonneurs.

 
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