Saratita* du contrat de rivière de la vallée du SOUROU

 

*Saratita : Parole donnée en Dioula, une des langues traditionnelles du pays

 

TOUGAN, province du SOUROU au BURKINA FASO, 15 décembre 2005, une étape importante vient d’être franchie pour le premier contrat de rivière africain.

Après trois années de concertation et la mise en œuvre de premières actions, les partenaires concernés par ce projet se sont engagés en donnant leur parole concernant le programme d’actions du contrat de rivière SOUROU.

Il y a bien eu quelques signatures, de la part des trois présidents des comités de rivière, du Maire de TOUGAN et du Président du Contrat de rivière Semois, mais la plupart des représentants et usagers du Sourou ont traduit leur engagement en apposant dans le contrat une représentation de leur usage respectif. Chaque groupe représenté au sein des trois comités de rivière a proposé la façon d’illustrer ses activités (voir les illustrations ci-dessous).

 
 

Figures : Représentations de quelques groupes d’usagers engagés dans le contrat de rivière SOUROU

 

L’élaboration de ce programme d’actions est le résultat d’un important travail coordonné par l’ONG locale, la COPROD, qui anime avec succès et compétences de projet. Il fait l’objet d’une forte mobilisation à tous les niveaux, mobilisation qui n’a pas faibli au cours des trois années de ce projet : Ministères, services déconcentrés des administrations, collectivités locales, ONG, représentants des usagers, …

Mais avant de revenir sur ce contrat, rappelons les principaux temps forts de la démarche qui s’appuie sur une méthodologie originale développée par la COPROD.

 

Figure : Méthodologie du contrat de rivière SOUROU

 

Dans la foulée de sa participation à la conférence des Nations Unies « Environnement et Développement » à Johannesburg, en septembre 2002, la Région wallonne lançait un appel à propositions portant sur des projets de développement durable. 4 communes engagées dans le contrat de rivière Semois marquaient leur accord pour introduire un projet au Burkina Faso. Celui-ci a été retenu et a pu démarrer début 2003.

Quelques temps forts de ce projet

  • Après les premiers mois consacrés à des campagnes d’information et de sensibilisation, le lancement officiel du projet a été organisé à GUIEDOUGOU, en bordure du Sourou, en mai 2003 ;
  • Un état des lieux et un diagnostic ont permis d’identifier des points positifs et négatifs, les enjeux, les problématiques liés à une gestion durable de l’eau et les acteurs susceptibles d’être concernés par le projet. Divers inventaires de terrain ont été réalisés en collaboration avec les populations locales. Ceux-ci portaient notamment sur l’état des puits, forages et ouvrages hydrauliques, les activités agricoles, des relevés ethnobotaniques, l’occupation des berges du Sourou et les pratiques culturales, … Au cours des nombreuses animations (22 pour 180 villages) organisées par la COPROD, les habitants de la vallée ont pu appréhender la notion de bassin versant et prendre conscience de la situation dans le Sourou ;
  • La mise en place des trois comités de rivière a eu lieu début 2004 en présence de plus de 5.000 personnes ;
 
 
  • A partir d’une restitution des résultats du diagnostic participatif, les partenaires ont été mobilisés pour d’une part, poursuivre l’élaboration du programme d’actions ; d’autre part, pour participer à la réalisation des premières activités dans l’esprit de la démarche (formations diverses pour une protection des ressources en eau et de l’environnement, premières campagnes de plantations des berges, …), sans oublier le recours permanent à la concertation, notamment avec les exploitants agricoles afin que ceux-ci se retirent des berges du cours d’eau ;
  • Dans le même temps, les comités de rivière ont mis en évidence les contraintes et potentialités et évoquer des pistes d’action à partir desquelles sera élaboré le programme.
 
 
 

Les Présidents des trois comités de rivière en présence du Maire de Tougan et du Président du Comité de rivière Semois.

 

Le programme d’actions

Ce programme d’actions est constitué de deux grandes parties :

1. Les Actions de renforcement des fonctions de production de la Vallée du Sourou

Il s’agit d’une série d’actions issue du diagnostic participatif et qui découlent des pistes de solutions proposées par les membres des trois comités de rivière. Ces actions visent essentiellement à renforcer les fonctions de production de la vallée du Sourou et à lutter contre la pauvreté.

Quelques exemples :

  • Production de « pommes du Sahel »
  • Valorisation de la pharmacopée
  • Aménagement de bas-fonds pour la riziculture pluviale
  • Développement de la petite irrigation villageoise
  • Aménagement de zones pastorales
  • Création de pistes pour bétail
  • Pratiques de conservation des produits de pêche

2. Les Mesures et actions d’accompagnement

La démarche « contrat de rivière », à travers l’amélioration des connaissances suite aux inventaires et diagnostic, a permis de dégager les enjeux et problématiques liés au développement de la vallée du Sourou.

En vue d’améliorer la situation et en appui aux besoins des populations locales portés par les membres des comités de rivière, une série de mesures et d’actions d’accompagnement a été identifiée et proposée par la COPROD, l’ULG et les partenaires publics et privés associés au processus de contrat de rivière.

Quelques exemples :

  • Sensibilisation et formation à la gestion de l’environnement
  • Analyses de la qualité de l’eau en lien avec les pratiques et les risques sanitaires
  • Restauration d’ouvrages d’Alimentation en eau
  • Protection des captages et puits
  • Promotion de l’assainissement (latrines)
  • Formations à la GIRE
  • Création d’un atlas cartographique et valorisation pédagogique
  • Inventaire des hippopotames et mesures d’accompagnement
  • Restauration des berges

Et la suite …

Les premiers résultats du contrat de rivière SOUROU sont visibles sur le terrain. Mais il reste maintenant à poursuivre l’application du programme. Au cours de l’année 2006, des opérations de plantations en vue de protéger le fleuve seront mises en oeuvre, une étude complémentaire relative aux eaux souterraines et des actions de restauration de certains puits et forages seront menées.

Il faut cependant mentionner que tous les financements ne sont pas acquis à ce jour pour réaliser l’ensemble du programme et que la prise en charge par la Région wallonne des frais de coordination du projet s’est terminée fin 2005. Une recherche de financement complémentaire se poursuit, tout en veillant à renforcer les liens entre cette première expérience de contrat de rivière et la politique nationale de l’eau au Burkina Faso, à travers le Plan d’Action national pour la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (PAGIRE).

 
 

Les dessins de Parfait BONKOUNGOU

(le « Bernard NICOLAS » local …)

Plus encore en Afrique que chez nous, la communication à l’intention des populations prend souvent la forme de croquis permettant de diffuser divers messages en faveur notamment de la protection de l’environnement. Ce média a été largement utilisé dans le cadre du contrat de rivière.

À l’instar des illustrations de Bernard NICOLAS pour le contrat de rivière SEMOIS,

C’est Parfait BONKOUNGOU, un dessinateur burkinabé, qui apporte sa contribution artistique au contrat de rivière SOUROU.

 

 

 
 
 
Article rédigé par Francis Rosillon