Mise en œuvre du volet agricole du programme

Interreg II Wallonie-Champagne-Ardennes

 
 

Aménagements d'aires d'accès du bétail au cours d'eau
Placement d'abreuvoirs

 
 
 
Résumé de l'action
 

Au cours de l’été 2000, 6 sites retenus pour l'installation d'aires d'accès du bétail au cours d'eau et le placement d'abreuvoirs ont été aménagés. Ces travaux répondaient à une des problématiques soulevée lors de l’inventaire Semois réalisé en 1994.

Une des principales causes d’érosion en zone agricole est due à l’accès direct du bétail au cours d’eau. Ce phénomène se manifeste plutôt en bordure d’affluents, la plupart des cours d’eau n’étant pas clôturés dans la traversée des prairies pâturées (suite à une dérogation quasi générale des communes par rapport à la loi de 1967 sur les cours d’eau non navigables qui oblige la pose de clôture).

L’usage de l’eau du cours d’eau pour l’abreuvement du bétail est un usage reconnu et légitimement revendiqué par les agriculteurs. Dans le cadre d’un contrat de rivière, il convient de prendre en compte l’ensemble des usages et des fonctions de la rivière dans le respect des préoccupations de chacun.

Mais, l’usage « abreuvement du bétail » peut causer quelques préoccupations dans le chef du gestionnaire ou des pêcheurs. A certains endroits, on assiste à une érosion des berges, un élargissement du lit, des atterrissements pouvant être des entraves à l’écoulement, une défécation des animaux dans le cours d’eau, … bref une détérioration locale de l’écosystème. Pour l’agriculteur, il n’est pas non plus très intéressant de voir le bétail patauger parfois dans la boue jusqu’au jarret.

Dans le cadre du programme Interreg II Semois-Semoy 6 actions ont été réalisées afin de pallier à cette situation.

Les sites ont été évalués par un groupe de travail constitué des gestionnaires des cours d’eau, de représentants de la DGA, du service de la pêche et des communes concernées. Ces sites ont été sélectionnés sur base d’un accord avec les agriculteurs concernés.

Etant donné le caractère « pilote » de ces aménagements, 6 modèles différents ont été installés : 3 accès directs (par la berge) et 3 systèmes de prélèvement d’eau vers des bacs abreuvoirs placés dans la prairie. Il sera opportun d’évaluer la qualité de chacune des installations, leur coût spécifique et leur fonctionnement à long terme afin de pouvoir comparer les différents modèles.

 
 
En pratique...
 

De façon plus précise, les aménagements suivants ont été réalisés :

Site n°1 : HABAY – Ruisseau de la Goutaine

  • Aménagement d’une aire d’accès type 2 :
  • Aire d’accès bétonnée, une palissade en billes de chemin de fer stabilise la berge et permet l’abreuvement dans le cours d’eau.
  • Aménagement d’une aire d’accès type 3 :
  • Aire d’accès bétonnée, placement de rondins en mélèzes pour permettre l’abreuvement et empêcher l’accès des animaux dans le cours d’eau.
 
   
   
 

Site n°2 : HOUDEMONT (Commune de Habay) – Ruisseau du Fourreau

  • Installation de deux bacs abreuvoirs alimentés par une station solaire de pompage (deux panneaux de cellules photovoltaïques sont raccordés à une batterie qui alimente une pompe 12 volts placée dans le lit du cours d’eau).
  • Le déplacement d’un ponceau était également prévu dans le cadre de ce chantier.
 
   
 
 

Site n°3 : MORTINSART (Commune d’Etalle)

  • Installation de 4 pompes de prairie (type « buvette ») actionnées par la bétail.
 
   
 
 

Site n°4 : MOYEN (Commune de Chiny) – La Vierre

  • Aménagement d’une aire d’accès type 1 : l’aire stabilisée est constituée de L en béton, des rondins de mélèzes empêchant l’accès du bétail au cours d’eau.
 
   
 
 

Site n°5 : LONGLIER (Commune de Neufchâteau) – Ruisseau de Morival

  • Pose de deux bacs abreuvoirs alimentés en gravitaire à partir d’un prélèvement réalisé en amont par simple placement d’un socarex muni d’une crépine.
 
   
 
 
Pour conclure...
 

Ces divers aménagements ont fait l’objet d’une description précise dans le cahier des charges élaboré par la FUL (aujourd'hui ULg).

Les travaux ont été réalisés en juillet et août 1998 par l’entreprise « Géry Houthoofdt » d’Ucimont. Le financement était pris en charge par la DGA à 50% et le FEDER à 50%, le montant total de l’adjudication étant de 998.855 BEF (+/- 25.000 euros). La réception provisoire des travaux s’est déroulée le 14 septembre. Par ailleurs, une convention a été signé avec les agriculteurs concernés. Ceux-ci se sont engagés à clôturer, dès la fin du chantier, le cours d’eau dans l’entière traversée de la prairie et de gérer l’ouvrage en « bon père de famille ».

Deux des agriculteurs participant à l’opération ont adhéré à la mesure agri-environnementale visant à installer une zone de protection gérée en fauche tardive de part et d’autre du cours d’eau. Dans ce contexte il est indispensable de conserver l’usage « abreuvement au cours d’eau ». L’aménagement d’aire d’accès est dès lors indipensable.

L’objectif poursuivi par ces installations pilotes est de faire connaître au niveau du bassin de la Semois les possibilités qu’ont les agriculteurs de résoudre ce problème et de susciter d’autres aménagements, l’effet « boule de neige » étant recherché.

D’autre part, n’est-ce pas l’occasion, à partir de ces expériences, de suggérer que la Région wallonne puisse accorder des aides en faveur de tels aménagements, en complément des mesures agri-environnementales déjà existantes ?

Une approche intégrée dans la gestion des cours d’eau implique un partenariat au sein duquel doivent être prises en compte toutes les composantes : les aspects quantitatifs et qualitatifs tant au niveau de la ressource « eau » que des milieux (l’ensemble de l’écosystème « cours d’eau ») mais aussi les usages et les fonctions de l’eau dans le bassin.

C’est dans cet esprit que ce programme d’actions concernant le domaine « eau et agriculture » a été réalisé.

 
Retour haut de page